« F*** le gouvernement » et autres (meilleures) raisons d’avoir manifesté

Photo Solidaire, Salim Hellalet
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« F*** le gouvernement » et autres (meilleures) raisons… Le meilleur incontestable ne doit pas diminuer ce qui précède. D’un côté, je suis convaincu qu’il vaut certainement mieux avoir des raisons fondées sur des arguments rationnels, des chiffres et cetera, que ces raisons sont donc effectivement meilleures. Mais d’un autre côté, les raisons du style F*** sont importantes aussi. Cela m’a frappé comme jeune ouvrier à Charleroi (relativement jeune, j’avais près de 30 ans). Il y a un sentiment profond de « eux et nous » qui n’est pas toujours rationalisé mais cependant important et fort. Il y a une longue expérience, l’expérience de plusieurs générations qui se cristallise dans le cerveau des héritiers de ces générations : dans le monde, il y a « eux » et « nous ». Ceux qui le disent n’ont que 20, 30, 50 ou 60 ans, mais leurs neurones ont intégré, avec le lait maternel et les conversations autour de la soupe familiale, dans la rue, à l’usine et ailleurs, deux siècles de leçons de classe (enfin, plutôt 150 ans à l’époque dont je parle). Je me souviens de mes camarades ouvriers de la sidérurgie, je me souviens de mon beau-père mineur italien et ça m’avait fort impressionné. Pour eux, ça ne faisait pas un pli, il y a « eux » et « nous ». Quand mon beau-père disait « ils », ça voulait tout dire. C’est la traduction en langue ouvrière du mot « establishment ». Il y a aussi des jeunes qui n’ont pas deux siècles de tradition ouvrière derrière eux mais qui arrivent à la même conscience basique du « eux » et « nous ». Ainsi je suis d’accord avec les « meilleures » raisons, mais la force de la classe ouvrière, c’est aussi — et c’est très important — le F*** viscéral, la conscience collective de base — et un des messages du Manifeste de Marx et Engels — que partout et toujours, il y a ceux qui travaillent, « nous », et ceux qui en profitent, « eux ». Alors merci pour le F*** du titre qui m’a fait réfléchir à tout ça.

La tonnelle installée sur le trottoir d’en face peut être démontée. Le piquet de grève est levé. Après 50 jours de conflit, la lutte des travailleurs du Mistral, une institution d’aide aux personnes handicapées située en région liégeoise, a payé. Le délégué syndical licencié a été réintégré et la directrice a été priée de faire ses cartons. Retour sur cette lutte avec Sandra Delhaye, permanente syndicale du SETCa.

Voici un aperçu du contenu du numéro de novembre. En vous abonnant, vous recevrez non seulement ces articles plus vite, mais aurez également accès aux photos, dessins et à bien d'autres informations.

Le 2 novembre 1917, Arthur Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères, adressait une lettre à la Fédération sioniste dans laquelle il accordait le soutien de son gouvernement à la création d’un foyer national juif en Palestine. Cette lettre est à l’origine de la colonisation de la Palestine, qui se poursuit aujourd’hui.

Deux  ans après l’Accord de Paris sur le climat, le compte à rebours continue à tourner. Tous les pays sont sensés présenter des plans pour limiter le réchauffement climatique. La ville de Bonn accueillera un nouveau sommet en vue de faire le pont sur l’état d’avancement. Qu’en est-il en Belgique? Et que proposer pour changer radicalement de cap?  

Des élections régionales du 15 octobre, c’est le PSUV du président Maduro qui est sorti grand vainqueur. La population a rejeté la violence de l’opposition de droite et lui a préféré l’approche démocratique des problèmes très réels que connaît le pays.

La crise entre les dirigeants espagnols et catalans ne s’apaise pas. Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, refuse tout dialogue et menace de prendre le contrôle direct sur la région. Les dirigeants européens soutiennent tacitement la répression. Le dirigeant catalan Puigdemont, de son côté, a organisé un référendum très discutable. Dans un jeu tactique, il a fait une déclaration d’indépendance, qu’il a de suite suspendue. Faut-il choisir entre l’autoritarisme de l’État espagnol et de l’Europe et l’indépendantisme ?

Le 9 octobre 1967, il y cinquante ans, Ernesto « Che » Guevara était exécuté par des militaires boliviens et des agents de la CIA.  Nombreux sont ceux qui ne connaissent Che Guevara que par sa silhouette mondialement célèbre reprise sur une quantité impressionnante de gadgets. Mais qui était cet homme qui, 50 ans après sa mort, est toujours perçu comme un symbole de résistance et de lutte contre l'injustice ?

Depuis plusieurs années, les directions de la SNCB et d’Infrabel tentent de mettre des bâtons dans les roues des cheminots lorsqu’ils veulent mener des actions : recours à des juges, envois d’huissiers, de policiers sur les piquets, etc. A l’approche de la grève de tous les services publics du 10 octobre, Infrabel refuse la concertation et continue ses menaces malgré des récentes décisions de justice en sa défaveur. Le PTB dénonce ce recours croissant à la justice pour résoudre des conflits sociaux.

Partout dans le monde, le droit des femmes à disposer librement de leur corps est mis sous pression. L’Espagne et la Pologne ont récemment connu des tentatives pour restreindre très fortement le droit à l'avortement. Heureusement, une forte mobilisation a fait reculer les gouvernements. Cet été, dans l’Arkansas aux Etats-Unis, un projet de loi a vu le jour pour empêcher les femmes de décider seules d’un avortement. En Belgique, l’avortement est toujours dans inscrit code pénal. En Irlande et à Malte, il est tout simplement interdit. Se mobiliser est donc plus que jamais indispensable.

Du 6 au 17 novembre 2017, Bonn accueille le nouveau sommet climatique international (COP23). L'état d'avancement de l'Accord de Paris sur le climat de 2015 y sera discuté. Le PTB répondra à l’appel du mouvement climatique Climate Express qui compte sur le « pouvoir des gens » pour mettre sous pression les négociateurs présents à Bonn. #Bonngo